L'effet Coolidge : la multiplicité des partenaires à travers la nature et les sociétés humaines
1. L'anecdote du président Coolidge
Calvin Coolidge fut président des États-Unis de 1923 à 1929.
Une anecdote raconte que le président et son épouse visitaient séparément une ferme expérimentale.
Madame Coolidge remarqua qu'un coq s'accouplait très fréquemment. Le fermier lui expliqua que cela pouvait se produire des dizaines de fois par jour.
Elle lui demanda de transmettre cette information au président.
Lorsque Calvin Coolidge entendit l'histoire, il demanda au fermier si le coq s'accouplait toujours avec la même poule.
« Non, monsieur le Président, avec des poules différentes », répondit le fermier.
Le président lui demanda alors de rapporter cette précision à son épouse.
Cette anecdote humoristique, dont l'authenticité historique n'est pas établie, a donné son nom à l'effet Coolidge.
2. L'effet Coolidge dans le monde animal
L'effet Coolidge désigne un phénomène observé chez plusieurs espèces animales : après une diminution de l'activité sexuelle avec un partenaire familier, un individu peut retrouver une activité sexuelle lorsqu'un nouveau partenaire lui est présenté.
Ce phénomène a notamment été étudié chez les rats.
Il met en évidence un effet de la nouveauté du partenaire sur le comportement reproducteur.
La dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans la motivation, l'apprentissage et les mécanismes de récompense, participe aux processus cérébraux associés à la nouveauté sexuelle.
Les mécanismes sont toutefois complexes et ne se résument pas à une simple augmentation ou diminution de dopamine.
L'effet Coolidge constitue ainsi un phénomène biologique documenté chez plusieurs espèces animales. Son expression varie selon les espèces, le sexe et les conditions expérimentales.
3. Et chez les humains ?
Chez les humains, la multiplicité des partenaires est un constat historique et contemporain.
Les relations sexuelles et affectives ne prennent pas une forme unique. On observe des relations successives, des relations parallèles et des relations dans lesquelles les partenaires partagent certaines expériences sexuelles avec d'autres personnes.
Ces configurations existent dans des contextes culturels et sociaux très différents.
L'effet Coolidge fournit une piste biologique pour étudier l'influence de la nouveauté sexuelle chez l'être humain. Des recherches indiquent que la nouveauté du partenaire peut modifier la motivation sexuelle, mais les comportements humains ne peuvent pas être expliqués par ce seul mécanisme.
4. Des relations successives ou parallèles
Dans les parcours de vie, plusieurs configurations peuvent se rencontrer.
Les relations successives : une personne se marie, se sépare, divorce, puis construit une nouvelle relation. D'autres personnes connaissent plusieurs relations importantes au cours de leur existence.
Les relations parallèles : une personne entretient une relation conjugale tout en ayant une maîtresse ou un amant. Ces relations peuvent être dissimulées ou connues des partenaires concernés.
Les relations non exclusives : certaines personnes choisissent des accords dans lesquels les relations sexuelles avec d'autres partenaires sont possibles.
Le libertinage : des personnes ou des couples explorent des pratiques sexuelles avec d'autres adultes, dans des cadres qui peuvent inclure l'échangisme ou d'autres formes de rencontres.
Le candaulisme : dans certaines pratiques, une personne éprouve de l'intérêt ou de l'excitation à voir son partenaire avoir des interactions sexuelles avec une autre personne, selon les modalités convenues entre les participants.
Ces configurations ne sont pas interchangeables. Elles correspondent à des pratiques, des accords et des expériences différents.
Elles illustrent la diversité des organisations de la vie sexuelle et affective.
5. La place de la nouveauté
La nouveauté d'un partenaire peut intervenir dans certaines de ces situations. Elle peut être recherchée, appréciée ou simplement rencontrée au cours d'un parcours de vie.
Mais elle n'explique pas à elle seule la multiplicité des partenaires.
Les motivations sont diverses : attirance, curiosité, rencontres, circonstances de vie, recherche d'expériences nouvelles ou choix relationnels.
De même, la multiplicité des partenaires ne concerne pas tout le monde et ne se manifeste pas de la même façon selon les personnes.
Il convient donc de distinguer un mécanisme biologique étudié en laboratoire des comportements humains observés dans leur diversité.
Conclusion
L'effet Coolidge désigne un phénomène biologique dans lequel la nouveauté d'un partenaire peut réactiver l'activité sexuelle chez certaines espèces.
Chez les humains, les relations successives, les relations parallèles, les maîtresses, les amants, le libertinage et le candaulisme témoignent de la diversité des configurations sexuelles et affectives.
Ces constats peuvent être rapprochés de la question de la nouveauté sexuelle, sans que l'effet Coolidge suffise à expliquer toutes ces pratiques.
Observer la multiplicité des partenaires, c'est constater la diversité des parcours sexuels et affectifs humains, sans porter de jugement sur les choix des personnes concernées.